Les traces matérielles de la présence vazimba d’Analamanga au XVIe siècle
Dr Robertine RAJOELINOROHistorienne-archéologue-anthropologue. Enseignant-Chercheur et Chef du Département ISAE (Institut Supérieur d’Anthropologie et Ecologie) à l’UCM.
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Résumé
Le recoupement des sources orales, des textes anciens et des vestiges archéologiques nous ont permis d’identifier les traces de la présence vazimba d’Analamanga au XIVe siècle comme le fossé simple d’Ankadinandriana et son accès en pont de terre, les tessons de poterie de la phase Fiekena, l’accès non encore associé à un disque de pierre, les murs en entassement de granit de type cyclopéen, la nécropole située à l’est du périmètre d’habitat, le micro-mégalithe associé à une source d’eau d’Andohamandry et l’humanisation de l’espace (une trace idéelle). Elles sont maigres par rapport aux indices de la présence royale du XVIe au XIXe siècle, ce qui favorise l’histoire tendancielle d’Analamanga, focalisée sur Andrianjaka jusqu’à Ranavalona III. D’ailleurs, des mesures de protection et de valorisation s’avèrent prioritaires pour réécrire et reconstituer l’histoire d’Analamanga.
Mots clés : Vazimba, Archéologie, Anthropologie, Histoire, patrimoine, culture.
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Introduction
Vazimba reste toujours un terme d’actualité puisqu’il attire la curiosité des Malagasy de niveau intellectuel et d’origine géographique différents. Lorsqu’on aborde l’ensemble des études y afférentes, on se retrouve confronté à une succession de désaccords et de consensus. Il relève des siècles obscurs car situé à une époque au moins antérieure au XVe siècle A.D. où les sources écrites font défaut (ce que nous avons appelé la protohistoire). Cette période est tributaire des traditions orales qui ont été remises en question par F. Ramiandrasoa (1967), qui a mis en exergue qu’à partir du XIIIe siècle, des chefferies venant du Nord-est, du Nord-ouest et du Sud-est de Madagascar (Islamisés et Indonésiens) pénètrent à l’intérieur et bousculent la société vazimba. Après avoir constitué des royaumes islamisés sur les côtes, ces nouveaux venus parviennent à constituer à l’intérieur des îlots de chefferies parmi les Vazimba. Peuples ayant connu une société bien organisée par rapport aux autochtones (les Vazimba), ils continuent à vivre à leur manière ; soit ils étaient en conflit avec les Vazimba à l’aide d’une arme nouvelle, soit, ils accélèrent le processus de « dévazimbisation » (Ramiandrasoa, 1967)1, c’est-à-dire, s’intégrer aux chefs vazimba par alliance du mariage, en imposant leur système politique et social ou entrer en conflit avec eux au détriment de l’ancienne organisation sociopolitique. Par ailleurs, au début du XVIe siècle, Rafohy et Rangita étaient « dévazimbizés », se ralliaient au camp des néo-imériniens (nouveaux venus) et utilisaient leurs nouveaux concepts. Selon Domenichini (1971) : « Rangita utilisait les nouveaux concepts apportés par les immigrants pour mettre fin au pouvoir matrilinéaire ». Elle assurait sa succession par ses deux fils : Andriamanelo -prince qui dispose de l’usage de l’ombrelle- présentait déjà un signe d’appartenance au groupe andriana dès la fin du XVe siècle2, on lui donne le pouvoir le jeudi ou jour du prince -andron’andriana- tandis que Andriamananitany -prince qui possède la terre- garde toujours le signe d’appartenance vazimba en tant que propriétaire de la terre ou tompon-tany. Ainsi, déjà rallié au camp des nouveaux venus, Andriamanelo (1540-1575) a pourchassé les Vazimba : « Lorsque le fer volant fait son apparition, la supériorité des néo-imériniens est vraiment écrasante. Le salut des Vazimba est dans la fuite » (Ramiandrasoa, 1967).
Il est à souligner également que dans l’imaginaire des Malagasy, Vazimba est relatif à un esprit bénéfique à qui l’on demande de bénédiction et de protection, et aussi à un esprit maléfique à qui l’on fait un objet de peur et de crainte. Devant les qualificatifs désagréables y attribués comme esprits dangereux, espèces de petite taille et hors du commun, ce terme reste un sujet difficile à appréhender pour ne pas parler d’un « sujet tabou » puisqu’il relève du sacré et des interdits ; c’est un sujet obscur rattaché à toute forme de superstition qui mérite d’être éclairci. En effet, les objectifs de cette réflexion sont d’apporter la vision d’une historienne-archéologue-anthropologue sur un sujet « non-dit » (les Vazimba), de répondre à la demande sociale y afférente3 et enfin, de confirmer ou d’infirmer les informations orales relatives à ce sujet. En outre, les Vazimba existaient partout à Madagascar dont leurs environnements naturels ont façonné leur identification : « Vazimba an-tsingy » ou Beosy des Tsingy de Bemaraha, « Vazimba an-driake » chez les Vezo (Sud-ouest), « Vazimba an-droka » des marécages4, « Vazimba an-tanety » des Hautes terres… Ces derniers à l’exemple des Vazimba d’Analamanga du XIVe siècle font l’objet de ce présent article grâce aux sources en possession (orales, anthropologiques et archéologiques) : quels sont les traces matérielles qui témoignent de leur présence ? Il est à avancer que les résultats archéologiques approuvent que les Hautes terres centrales fussent peuplées des Vazimba bien avant le XVe siècle : le site d’Ambohimanana près d’Andramasina commence à être occupé vers le IXe au Xe siècle de l’ère chrétienne (Rasamuel, 1988/1990). Les preuves sont constituées des fossés, des ossements des bovidés attestant la consommation de la viande en Imerina bien avant l’époque de Ralambo (1575-1610) et que l’on utilisait des couteaux de fer dans le travail de boucherie, des tessons de poterie plus anciens selon la chronologie céramique établie par Henry T. Wright (1979) et des restes de marmites à tripode. Ces prérequis vont constituer une piste de réflexion pour répondre à la question posée précédemment.
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I. Etat des connaissances, matériels et méthodes
Vazimba est un nom donné aux rois et princes d’autrefois ou Andriana taloha ; nom attribué aux premiers habitants et aux anciens propriétaires du sol à Madagascar. On peut dire aussi que personne n’est né vazimba, elle le devient ou on le laisse devenir vazimba après sa mort, ce qui était le cas des anciens souverains comme Ranoro du début du XVIIe siècle5 et d’Andrianampoinimerina (1787-1810) : « Ranoro était une personne devenue Vazimba » (Domenichini, ١٩٧٨), « Andrianampoinimerina a demandé de le laisser Vazimba par son dernier souhait » (RP Callet, 1908). « Le laisser Vazimba » signifie qu’il est interdit aux Famadihana pour respecter son caractère sacré (Masina). Selon Gabriel Ferrand (1909), agent consulaire qui s’improvisait anthropologue physique et qui insistait sur l’origine africaine des Malagasy : les Vazimba étaient une « race inférieure et primitive, d’origine africaine ». Se penchant sur les sources orales et sur la littérature anglaise, Rajaobelina (1917) attribue aux Vazimba des origines pygmées… E. Ralaimihoatra (1969) défend que la culture vazimba ressemble à celle des Indonésiens tels que le fond de la langue malgache, les instruments des musiques (atranatrana, valiha, sodina et hazolava), les cases en bois rectangulaires sans ou sur pilotis, l’habitat groupé des Hautes terres, etc. Jacques Dez (1971) s’appuie sur « la mutation socio-économique » et sur la possible continuité entre les Vazimba et la population actuelle de l’Ile : le mot Vazimba désignait « tout individu qui n’a pas dépassé un certain niveau technique caractérisé par l’absence de la connaissance de la métallurgie, de la riziculture et de certaines pratiques d’élevage ». L’idée d’une évolution économique mise en avant par Jacques Dez est attribuée aux Merina par opposition aux Vazimba (le mot Merina désigne le sujet de Ralambo). G. Ralaimihoatra (١٩٧٣) s’appuie sur la tendance océanienne des Vazimba par sa peau claire et ses cheveux lisses ; ce qui a été soutenu par J. P. Domenichini (2007) sur l’origine austronésienne des Vazimba. Ces Austronésiens seraient implantés en Afrique de l’est avant de coloniser Madagascar par la présence des éléments bien connus de l’Afrique orientale : le bananier, le riz d’origine asiatique, le xylophone, les contes d’origine du taro et du riz, le Fanagalo ou Fanakalo (linguistiquement austronésienne). En décortiquant le terme, J. P. Domenichini avance que Vazimba vient de Vayimba « ceux de la forêt » en proto-Barito du Sud-est, de la langue austronésienne. Cela se rapproche des différents noms à préfixe «Va » comme les « Vahoaka », d’origine austronésienne, du Va-waka ou peuple des canoës, peuple de la mer ; famille du mot Vezo (ethnie malagasy du Sud-ouest) signifiant ceux des côtes, enfants de la mer ou hommes sur pirogue à balancier en direction de la côte. Ils étaient arrivés à pirogues à balancier (waka ou canoë) et ils sont appelés Ntaolo, du tau (homme) et ulu (premier). En outre, en s’appuyant sur les données anthropologiques et historiques, Philippe Beaujard dessine la protohistoire de Madagascar comme une période des peuplements successifs du deuxième millénaire av. J.-C. (Urfer, 2021). Egalement, Gabriel Rantoandro (Urfer, 2021) a interprété les faits de linguistique, d’archéologie, de paléontologie et de la palynologie pour retracer la protohistoire de Madagascar : la grande Ile a été peuplée d’une vague migratoire austronésienne, conjuguée à des migrations est-africaines, d’Arabie, d’Iran et d’Inde… Ces premiers groupes « revendiquaient6 » le statut du « tompontany », c’est-à-dire, ils réclament ce statut auprès de ceux qui l’ont dérobé - les nouveaux migrants évoqués par Ramiandrasoa (١٩٦٧). P. Beaujard et G. Rantoandro ont relaté l’historiographie coloniale7 fondée sur l’origine pygmoïde des Vazimba : « D’origine bantoue, le terme « vazimba » se rapproche de « Vanjimbo » qu’utilisaient les Swahilis sur la côte kényane pour désigner des populations de l’intérieur de façon fruste », c’est-à-dire, les Vazimba étaient chassés par les nouveaux venus islamisés et étaient assimilés à une population en état de frustration ! Cette vision serait discutable puisque les Vazimba ont choisi de partir pour ne pas rabaisser leur statut d’ « Andriana Taloha », tel est le cas des Vazimba d’Analamanga devant la troupe d’Andrianjaka… Occuper la périphérie d’Analamanga signifie qu’ils ne voulaient pas s’intégrer au nouveau groupe pour garder leur « sacralité » : tout élément venu de l’extérieur nuit à leur identité. En contraste, c’étaient les nouveaux venus qui ont réclamé un lien de parenté envers les Vazimba pour légitimer leur pouvoir comme hérité des anciens maîtres du sol : « Andrianampoinimerina (1787-1810) montre sa volonté de proclamer les Vazimba comme leurs ancêtres. Il a montré son insistance auprès d’eux pour dire qu’ils étaient parents : « … Ary ny anaovako io vato io iray : havako hianareo, ka tsy avela ko hisaraka amy ko, fa natao ko vato iray izaho sy hianareo… » (Callet, 1908), ce qui signifie : je fais ce monument avec une seule pierre, car vous êtes mes parents et je ne veux pas me séparer de vous…
Devant ces différentes visions sur l’origine des Vazimba, le projet Madagascar, Anthropologie, Génétique et Ethnolinguistique (MAGE) impliquant une équipe internationale de spécialistes en anthropo-génétique de l’université de Toulouse et des chercheurs de l’ICMAA (Institut des civilisations, musée d’art et d’archéologie) de l’Université d’Antananarivo a révélé en 2007 que tous les Malagasy sont issus de deux origines : austronésienne et africaine parlant le bantou. Une branche eurasienne, entre Moyen-Orient et Inde, de faible pourcentage a été définie ainsi qu’un motif M23 propre à Madagascar. La composante austronésienne semble apparaître avec des lignées maternelles tandis que la composante africaine a une diversité plus importante tant dans les lignées paternelles que maternelles8… D’ailleurs, ces recherches archéologiques démontrent que la colonisation de l’Ile par les Vazimba a commencé par les côtes (les embouchures) vers les Hautes terres dont Andavakoera et la grotte d’Anjohibe (Nord-ouest) qui figurent parmi les premiers sites occupés jusqu’à l’état actuel des connaissances. D’Andavakoera à Lakaton’i Anja, deux morceaux de charbon de bois ont donné des datations qui renvoient à 2730 av. J.-C.9 et 2000 av J.-C. pour Anjohibe.
Ensuite, Ralaimihoatra (1973) suggère qu’à partir d’une origine commune vazimba, deux clans seraient apparus, les Vazimba et les Andriana d’où la séquence Vazimba/Andriana oppose les anciens rois et princes à ceux de la dynastie tardive d’Andriamanelo (1540-1575), fils de Rafohy et Rangita, instigateur d’une nouvelle politique en chassant les Vazimba par la transgression d’interdit aux menaces des outils de fer10 (fady ny mifanambana vy) : « D’ailleurs, la grande innovation du règne d’Andriamanelo ne fut pas l’invention de la métallurgie, mais l’usage du fer – son apparition (niseho), dit la tradition orale » (Domenichini, 2007). Il est à souligner également que Hova est le nom générique des princes vazimba - cette appellation reste toujours gardée chez les Betsileo pour désigner les familles royales. De plus, l’arrivée des nouveaux migrants islamisés venant du Sud-est et la transformation au sein même de la société vazimba ont des impacts sur la vie sociopolitique merina, d’où le glissement du concept vazimba vers celui des Andriana. D’après Ottino (1988), le terme Andriana est figuré dans les mythes des Andriambahoaka (à l’instar de la légende du géant Darafify) auxquelles le titre de Dara, mot indoeuropéen est passé en malais par le sanskrit (Raison-Jourde, 1993) signifiant « pilier », « support » ou andry en malgache moderne, ce qui est la racine des noms Ndria ou Andria. Ce titre fut approprié par les groupes andriana en Imerina qui dominaient politiquement aux alentours du XVIe siècle, contemporains à l’adoption des dynasties des côtes orientales de l’île. Les témoignages de Flacourt (1658) rapportent qu’au début du XVIe siècle « la dynastie Andriambahoaka de l’Imerina se ressent profondément des événements de la côte orientale et subit de très fortes influences antaimoro et sunnites venues de la Matitana ». En effet, la société andriana n’est qu’un bouleversement de la société vazimba vers l’adoption de la politique nouvelle du Sud-est malgache, allusion à la « dévazimbization » par F. Ramiandrasoa (١٩٦٧). Les reines signalées comme étant les représentantes des dernières lignées vazimba sont Rafohy et Rangita d’Alasora et d’Imerimanjaka (1520-1540) ce qui résulte l’opposition entre Vazimba et Andriana pour la première fois dans les traditions orales.
Sans conteste, Analamanga a été peuplé des clans vazimba vers le XIVe siècle dont le choix d’installation a été dicté d’un côté, par la proximité de la source d’eau perchée d’Antsahatsiroa pour ravitailler leurs habitants, leurs bêtes et leurs différentes pratiques rituelles et d’un autre côté, pour une raison de sécurité et pour l’estime du pouvoir. Il regroupe trois sites principaux unis par l’histoire qui sont Analamanga (Ambohimitsingina), Analamasina (Anatirova) et Andafiavaratra (Ambatobe, Antsorohitra ou Ambohijafy et Ampamaho). Parmi ces clans, la tradition orale retient encore l’existence des Tairoka d’Andriampirokana (prince vazimba) à Ambatobe (d’Andafiavaratra à Ambohitantely) : Andriantsimandafika et Andriambodilova (fils d’Andriampirokana) habitaient Fidirana (Ambohitantely) si Andriamaroomby et Zazamahazoomby occupaient Ambohimitsingina. Les autres localités vazimba sont Ambohipotsy d’Andrianentoarivo, Manakambahiny d’Andriankazobe (fils de Rapeto), Ambohijanahary de Razanahary et enfin, Ambatondrafandrana de Rafandrana (Rafolo, 1998). Tous les sites environnants étaient peuplés de leurs parents (havana), à l’exemple d’Alasora, d’Imerimanjaka, d’Ankatso, d’Ambatoroka, d’Ambohimanarina et ses environs, etc. Par sa position relativement élevée, Ambohimitsingina ou à la colline culminante (1463m) (actuel Ambohimitsimbina) fut le premier site habité par les Vazimba d’Analamanga. Traditionnellement, l’occupation d’un espace commence par le sud et s’étend progressivement vers le nord pour une vie ascendante. Ambohimitsingina jouait le rôle d’un poste de garde permettant de dépister l’avancée d’une troupe ennemie (Rafolo, 1998) dont les résidences des chefs ou des princes s’installaient au sommet pour l’estime du pouvoir et celles des autres membres du clan s’éparpillaient aux alentours. Le Firaketana (1937) rapporte qu’Analamanga était un site à vocation pastorale, le domaine d’Andriamahazoomby, neveu d’Andriampirokana à la fin du XVIe siècle et ensuite, un site occupé par la princesse vazimba Rapapangosasakinivorona, mère de Rasahala, contemporaine d’Andrianampoinimerina.
Enfin, Analamasina (l’actuel Rova -palais- d’Antananarivo), situé au nord d’Analamanga fut le chef-lieu d’Andrianjaka. Pour que les anciens propriétaires (Vazimba) soient rendus en état de soumission, le nouveau conquérant l’a installé au nord, coin évocateur de la réussite et du pouvoir. Andafiavaratra11 de Rainiharo (1833-1852) fut constitué de trois secteurs : Ambatobe au nord, Kianjatsiroa au centre et Ambohijafy à l’ouest (actuel Ambohitantely). Ambatobe (du nom d’un grand rocher en guise d’un poste de guet) fut le domaine de Rainivoninahitriniony ou Raharo (fils aîné de Rainiharo) de son père Rainiharo12. Situé entre Ambohitantely et l’actuel Andafiavaratra, Kianjatsiroa, fut le domaine de Rasoaray et de Rainilaiarivony13, la place publique en hommage des officiers-défunts si Ampamaho, situé à l’est d’Ambohijafy fut le domaine d’Andriantsilavo, le père de Rainiharo et également l’emplacement de la nécropole vazimba. D’ailleurs, le Nord d’Anatirova est un domaine des descendants des Vazimba-antehiroka, aïeuls des Andafiavaratra, de la famille de Rainiharo.
Il est à souligner qu’une propriété privée située à Ambatondrafandrana laisse des traces d’occupation ancienne comme des tessons de poterie simple, graphités de qualité médiocre, des fragments de poterie graphités lisses, d’un mégalithe en mémoire d’un chef vazimba appelé Rafandrana (d’où le nom d’Ambatondrafandrana) en guise d’une pierre à discourir.
Le travail du Pasteur Rainitiaray (1909) rapporte que ces Vazimba d’Analamanga étaient originaires de la côte orientale de Madagascar, se déplaçaient vers les Hautes Terres pour s’échapper au paludisme. Ils ont occupé Fanongoavana, Vodivato, Ambohidratrimo An’Ala, Alasora et Merikanjaka, Ambohidrabiby et Analamasina (Antananarivo). Callet rapporte qu’ils venaient d’Ambohidratrimo-Est (à côté d’Anjozorobe), d’Ambohimahatakatra-Est, de Fanongoavana (à l’est), d’Alasora (est) et d’Ambohidrabiby (Nord-est) avant d’atteindre Analamanga. Il est à rajouter que l’Imerina faisait partie de l’économie-monde des Islamisés dès le XIVe siècle et a connu à une influence culturelle arabe (Domenichini, ٢٠٠٧) : le nom de Ramasinanjomà, Honorable saint du vendredi (ancêtre vazimba de Merikanjaka) est inspiré de cette culture arabe, ce roi vazimba aurait été sanctifié le vendredi. La semaine de sept jours était en usage et le vendredi était réservé à la prière et à la sanctification. Ramasinamparihy, Honorable saint du lac (ancêtre vazimba d’Alasora) renvoie à l’importance de l’eau dans l’intronisation d’un prince vazimba… Ces influences arabes s’accompagnent de la pratique de l’astrologie, de l’art divinatoire et de la diffusion de l’interdit au porc et à l’ail. Quant à l’implantation vazimba à Analamanga, le Firaketana (1937) s’est beaucoup focalisé sur le clan Antehiroka dirigé par Andriampirokana, chefs réputés et mieux retenus dans la mémoire collective. On y constate également une dilatation temporelle suivie d’un anachronisme erroné : Andriambelomasina du XVIIIe siècle par exemple est contemporain d’Andriantsimandafika prince vazimba d’Analamanga du début du XVIIe siècle, même cas pour Andrianampoinimerina de la fin du XVIIIe et Andriantsimandafika, Andriamasinavalona de la fin du XVIIe siècle. Par ailleurs, ce sont les vestiges archéologiques qui vont remédier à ces lacunes d’informations orales.
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II. Les traces matérielles de la présence vazimba à Analamanga
Situé à 1463m d’altitude et dans une catégorie d’un site perché, l’organisation de l’espace du site vazimba d’Analamanga s’inscrit dans l’axe politique Nord-Sud et dans l’axe religieux Est-Ouest, un héritage austronésien qui attribue le sommet aux familles dirigeantes, souvent associé ou non aux pieds de ficus et les alentours aux sujets.
D’abord, l’occupation d’Analamanga a commencé au sud et s’étend vers le nord, d’Ambohimitsimbina vers l’actuel Anatirova. Les premiers habitants ont choisi des endroits hospitaliers comme les dépressions, les vallons et les terrains plats. Comme ils n’ont pas encore besoin de mettre en valeur la plaine par la taille de leur communauté, ils ont alors adopté un mode de vie à dominante pastorale (Rafolo, 1998). En conséquence, l’aire d’activité des habitants était étroite, uniquement aux alentours de leurs résidences. Elle n’atteignait pas la plaine marécageuse car toutes les conditions nécessaires pour vivre étaient disponibles au sommet. Il n’était pas alors question d’un système de défense : le fossé d’Ankadinandriampirokana (devenu Ankadinandriana) n’était qu’un fossé-limite du périmètre habité, sans compter les fossés d’Anjohy et d’Ankadibevava.
Ensuite, associée à la source d’eau de l’Est, appelée Andohamandry (rano mahery), une pierre phallique appelée « vato atody » ou pierre à œuf par les habitants du site se trouve à l’est d’Analamanga (Ambatomitsangana). Il s’agit d’un granit bien lisse, de forme arrondi et percé d’un trou à son extrémité. Ce micro-mégalithe s’enfonce en profondeur du sol et la partie émergée en surface mesure 46cm de hauteur. Il prend une forme phallique avec un sommet arrondi. Par contre, la comparaison d’une pierre ronde (vato boribory) à une femme stérile ne s’applique pas à ce monument puisqu’il s’agit d’une pierre mâle émergée au sol. C’est un symbole de la circoncision, de la force et de la virilité masculine. Son bout arrondi et lisse permettait de s’asseoir et de frotter l’organe masculin de l’enfant à circoncire.
Aussi, la sépulture d’Andriampirokana (le chef-Vazimba d’Analamanga, issu du clan Antehiroka) est difficile à identifier à cause des différentes versions relatives à son emplacement. La tradition orale montre qu’elle se trouve à Ampamaho, à l’est d’Andafiavaratra ou à l’emplacement actuel d’un domaine militaire mais on n’y trouve aucune trace. La population locale parle d’un autre fasam-bazimba localisé au nord d’Ambatondrafandrana mais elle le confond au lieu où l’on a jeté les corps des décapités de l’ancien palais de justice, non remis à leurs familles. Seul un entassement de moellons de direction Nord-Sud associé aux arbres sacrés (hasina) situés au Nord-est d’Ambatondrafandrana nous donnent une piste d’orientation pour les critères suivants : il se trouve dans une direction du sacré, associé aux arbres sacrés réactualisés ou non ; il est muni d’un agencement de granit de type cyclopéen (sans agent de liant) et en dehors de la palée royale où l’habitat des morts et celui des vivants sont bien séparés (à l’ouest et à l’est du site) et enfin, il est associé aux entassements de granit brut et de forme polygonale…
Il nous est difficile d’affirmer qu’il renferme un corps à défaut des fouilles funéraires à Madagascar (considérées comme acte profanateur dans la tradition malgache). Les « tombeaux inconnus », qui ne sont plus entretenus par les propriétaires s’appellent également tombeaux vazimba en Imerina14.
Toutefois, il est sans conteste que les Vazimba d’Analamanga édifiaient leurs tombeaux de style pré-labordien (Lebras, 1971) à l’est d’Ambatondrafandrana (Domenichini, 2007). Ils peuvent renfermer un seul ou plusieurs corps et présentent les aspects suivants : en monticule de terre couvert de moellons de granit ; reposés directement au sol ou bâtis sur des rochers naturels ; munis d’une pierre tombale au nord ou au Nord-est de la sépulture et enfin, ils font l’objet de crainte des habitants.
De plus, la collecte de surface à Ankadinandriana donne un indice plus significatif sur la présence des Vazimba. Ici, la typochronologie céramique est une méthode de datation appliquée dans tous les sites archéologiques des Hautes terres malgaches : elle regroupe la stratigraphie et la typologie céramique en nous nous appuyant sur l’évolution de la céramique traditionnelle en Imerina ancien. Il s’agit d’une comparaison des mobiliers découverts à Analamanga avec ceux découverts par Wright qui a effectué des vérifications par 14C de quelques échantillons de charbon qu’il a extraits dans les mêmes couches d’occupation de chaque site où il avait trouvé les mobiliers céramiques à dater pour parvenir aux six phases culturelles des sites archéologiques d’Antananarivo : Fiekena (antérieure au XVe siècle), Ankatso (antérieure à la fin du XVIe siècle), Angavobe (fin du XVIe et début du XVIIe siècle), Ambohidray (fin XVIIe et début XVIIIe siècle), Kaloy (XVIIIe siècle et premières décennies du XIXe siècle) et Fiadanana (milieu du XIXe siècle). Les tessons collectés à Analamanga correspondent alors à la phase Fiekena : tessons simples associés aux décors incisés à zigzag, imprimés triangulaires et peignés du XIVe siècle.
En outre, le fossé simple ou fossé-limite comme ancienne limite d’habitat, actuellement transformé en route goudronnée est un autre indice de la présence vazimba à Analamanga. Il est de dimension réduite, caractéristique d’un site archaïque selon A. Mille (1970), associé aux fossés de drainage. Ce fossé-limite est interrompu par un pont de terre appelé traditionnellement vavahady ou interruption du fossé, sera par la suite délimité à l’aide des deux poternes du XVIe siècle ou fortifié par une porte à disque du XVIIe siècle. En effet, les vavahady à disque d’Analamanga, à l’instar d’Ambavahadimitafo ont été introduits tardivement, au XVIIe siècle, à l’époque d’Andriamasinavalona. Aussi, les murs de pierre sèche faits en assemblage de granit extrait dans la nature constituent un autre témoin. Leur stabilité est obtenue par l’équilibre des forces, maintenue sous forme d’un tas. Ils sont des murs de soutènement, des limites d’habitat, des enclos ou des parcs à zébus. Des blocs de grande dimension assurent la base et on édifie la construction en hauteur avec des pierres polygonales, bien rétrécies les unes sur les autres afin d’éviter les problèmes d’infiltration d’eau. S’il s’agit d’un mur de soutènement ou limite d’habitat, les pierres de parement sont de plus grande dimension tandis que pour les enclos, les parcs à zébus et les murs intérieurs, des moellons de granit constituent le parement.
Enfin, les Vazimba humanisent le paysage et donnent sens à la nature. Le rocher ovoïde par exemple ressemble à une femme enceinte et devient un lieu de culte de fertilité. Si la nature est dépourvue d’une forme déterminée, il la transforme à son image ; tel est le cas de la pierre phallique. Une convergence culturelle se présente dans certains pays du monde avec la même interprétation de la nature à l’exemple de la pierre de fertilité en Bretagne (Nord-ouest de la France) où les femmes à la recherche de progéniture y frottent leurs ventres. D’ailleurs, les Vazimba d’Analamanga avaient la même vision de la nature que les autres populations du monde comme les Français sur l’humanisation de la Seine en « Bras de la Seine, Haut de la Seine », etc. Ces Vazimba ont anthropisé également le nom d’endroit en Ambodin’Andohalo ou « au fond de vallée » (place de la cathédrale). Ils ont bien séparé les Andoha (à la tête) aux Antongotra (aux pieds) dans le but de ne pas confondre les purs et les impurs. En conséquence, chaque site vazimba possède deux sources principales : à l’est et à l’ouest. Localisée dans le secteur des ancêtres, des purs, du lever du soleil et de la direction de la tête d’une personne dormante, la source de l’est porte le nom d’Andoharano (à la tête de l’eau) ou Andohamandry (à la tête dormante). C’est de l’eau pure destinée au rituel de la vie comme la bénédiction et la circoncision. On la trouve à l’est du Rova d’Antananarivo, actuellement transformée en lieu de culte. Par contre, ces Vazimba d’Analamanga désignent la source d’eau de l’ouest par Ambodirano ou Antongotra. Localisée dans le secteur des impurs et du coucher du soleil, elle est destinée à jeter les impuretés, les maladies, la mauvaise destinée et la sorcellerie (fanalàna ratsy, là où l’on enlève les maux), ce qui était le cas à Antsahatsiroa (à l’ouest d’Analamanga).
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III. Menaces des traces de la présence vazimba à Analamanga et mesures de protection
L’histoire des Vazimba d’Analamanga, premiers habitants du site s’efface au profit du passé du Rova d’Antananarivo et des grands personnages du XIXe siècle, puisque les témoins sont rares et presque endormis dans le sol. Ceux qui restent en surface sont menacés de destruction à cause de la méconnaissance de ses valeurs historiques et culturelles. En conséquence, l’histoire des Vazimba reste toujours un sujet mal-abordée, faute des traces matérielles. Les altérations physico-chimiques naturelles comme la pluie, la chaleur, l’acidité et le vent affectent leurs traces : la pierre mâle ou pierre phallique (répondante de la pierre femelle, vatovavy) subit une lente altération artificielle à cause de l’exposition à de fortes chaleurs et de l’humidité. Le ruissellement porte les mobiliers enfouis dans le sol vers la couche profonde ou vers les fossés, ce qui va fausser les séquences chronologiques attribuées au site si l’archéologue se contente à la simple observation.
Ensuite, l’étroitesse des surfaces habitables à cause de la croissance démographique est aussi un autre facteur de la disparition de ces témoins : vu que le micro-vatolahy (pierre phallique) n’est pas clôturé, il est endommagé par le passage fréquent des piétons, par des constructions nouvelles aux alentours et d’une latrine, etc. Le manque de sensibilisation et d’information nuit à la pérennité des traces représentatives des anciens fondateurs du site d’Analamanga et aussi, la majorité des habitants n’a plus le sentiment d’être descendants vazimba assimilés à toute connotation péjorative (force maléfique, espèce hors du commun, groupe vaincu par Andrianjaka, etc.). Elle ne considère pas les vestiges historiques comme « lieux de mémoire » ayant une valeur symbolique : ce n’est qu’une pierre et les habitants montent ou font leur besoin sur la structure.
En outre, la pauvreté résulte la dégradation des traces puisque en dehors de son importance religieuse chez les pratiquants (animisme), elles ne représentent pour la plupart des habitants que des objets anciens. Ils ne peuvent en soutirer de l’argent, c’est ainsi qu’ils n’y mettent aucune importance.
Par ailleurs, des aménagements sont prioritaires pour que ces patrimoines contribuent à l’amélioration des conditions de vie de la population environnante dans le cadre du tourisme culturel et patrimonial. Le degré de vulnérabilité d’un objet historique est évalué sur trois critères : dégradation, disparition et démolition avec des sous-critères (physique, symbolique, historique et anthropique) (Rajoelinoro, 2019), les traces vazimba d’Analamanga portées disparues sont vulnérables à 99% si elles ne laissent aucune trace (ni trace physique, ni trace symbolique), c’est-à-dire, elles ne sont plus retenues dans la mémoire collective (very tadidy). Les objets atteints à 25% se trouvent à l’intérieur d’un lieu de culte ; protégés par une enceinte de couleur blanc-rouge, par le caractère sacré et par les gardiens du doany comme la source d’eau sacrée destinée à la circoncision (toutefois, elle a perdu la valeur historique des anciens habitants au profit de Fantsakan’Andrianampoinimerina). Celles qui sont à degré de vulnérabilité de 50% et à 75% méritent une protection particulière : soit elles sont maintenues dans le paysage mais l’on ne connait pas leur histoire et leur symbole, soit elles ont disparu mais l’on retient toujours leur signification historique et culturelle.
Face à tous ces facteurs de dégradation, il n’y a pas encore des mesures de protection de ces traces à part le respect des fady et de la sacralité à l’intérieur des périmètres sacrées : les sites sacrés interdits au feu sont préservés de toute tentative d’incendie. Ensuite, l’implication des détenteurs traditionnels, des collectivités et de la population locale garantit la pérennisation des biens. Leur transformation en produit touristique est d’ordre prioritaire puisque malgré le faible pourcentage des visiteurs attirés par le lithôme culturel, le besoin de découvrir et de regarder la civilisation d’hier et d’aujourd’hui sert et servira encore de motivation à des foyers touristiques, à l’exemple de ce site vazimba d’Analamanga. Voir concrètement les vestiges complète les approches livresques de la culture chez la clientèle avide de connaissance de l’histoire et de la culture malgaches. Valoriser ces atouts patrimoniaux demande des aménagements comme l’installation des panneaux d’indication et d’information sur l’accès aux traces devenues patrimoines (hérité du passé et transmis de génération en génération) et sur l’histoire et les significations des vestiges en place ; la création d’itinéraire culturel surnommé « Sur les traces des Vazimba d’Analamanga » ; la formation des gardiens des traces en guidage, en histoire, en culture, en accueil et en langues étrangères ; le paiement des droits d’entrée aux sites ; l’assainissement des sites où les traces sont identifiées ; l’installation de garde de sécurité et de bouche d’incendie, etc. Enfin, on ne peut pas lutter contre les facteurs d’origine naturelle mais quelques mesures doivent être mises en considération contre les menaces anthropiques. Outre la nécessité d’éducation, de sensibilisation, de formation et de l’implication de la collectivité locale, mettre en œuvre des moyens physique et technique s’avère primordial : délimiter les biens fragiles à l’aide de mur de protection et interdire d’y pénétrer ; transférer les traces menacées de disparition dans un lieu en sécurité ; appliquer des peines effectives contre la destruction et enfin, demander des moyens financier et humain pour transformer ces traces en produits touristiques.
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Conclusion
L’histoire des Vazimba d’Analamanga tombe dans l’oubli à cause de la considération péjorative attribuée aux Vazimba (nain, esprit maléfique, etc.), de la disparition de leurs traces (les objets qu’ils ont fabriqués) et de la précarité des vestiges nouvellement reconstitués. Toutefois, les témoins identifiés de leur présence sont constitués des tessons de poterie de style vazimba (antérieur au XVe siècle), d’un fossé-limite, d’un accès non associé à un disque de pierre, des murs en assemblage des pierres sèches, des tombeaux en monticule de terre ou en assemblage de granit de type cyclopéen (celui à l’entrée de la mairie d’Ambanidia en est un exemple concret), d’un micro-mégalithe en guise d’une pierre phallique (rite sexuel spécifique aux Vazimba antehiroka d’Analamanga) et des sources d’eau perchée permettant leur implantation permanente à Analamanga (Antsahatsiroa, Andohalo, Andohamandry, Ankadinandriana, etc.). Ces premiers habitants d’Analamanga parvenaient à organiser leur espace et leur société : séparer l’espace habitable de la nécropole, conjuguer un lieu cérémoniel à un point d’eau, organiser la société en fonction de l’ordre de naissance et en fonction du groupe d’âge. C’est une société organisée, loin d’être anarchique comme dit Fred Ramiandrasoa (1967, p. 25). Devant cette organisation, Andrianjaka, roi venant d’Ambohimanga avait cherché à élargir l’envergure de son royaume. Convaincu de la potentialité défensive d’Analamanga, il voulait s’accaparer de la colline. Alors, les Vazimba d’Analamanga (Antehiroka) ont abdiqué sans riposte, intimidés par la force militaire de leurs rivaux (Andrianantenainasolo, 2007, p. 38). Dès lors, Andrianjaka s’installe au nord des anciens sites occupés15; il demande au groupe vaincu d’enlever leurs morts à l’exception du corps d’Andriampirokana ou ancêtre vazimba antehiroka, toujours enterré à Ampamaho16. Ce geste a pour but de soumettre les Vazimba car désormais, leur aïeul devient sous l’emprise du nouveau roi. L’histoire d’Analamanga doit être réécrite pour refouler ses racines en voie de disparaître. D’ailleurs, la reconstitution historique à l’aide des traces-témoins des Vazimba d’Analamanga contribue à réécrire l’histoire d’Analamanga anciennement monopolisée par celle du groupe régnant du XVIe au XIXe siècle ; à éclairer l’histoire du « groupe oublié » ayant fondé l’originalité de la ville d’Antananarivo ; à développer le site par le biais des produits touristiques propres à son identité et à corriger la façon d’attribuer aux Vazimba tout caractère péjoratif (nains, force maléfique, espèce hors du commun, etc.).
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1 Terme forgé et utilisé par l’auteur.
2 Le pouvoir de porter une ombrelle.
3 La soif des Malagasy à connaître ses origines (les Vazimba) est constatée actuellement à travers les réseaux sociaux et le mass-média.
4 Roka signifie terre fertile, engrais organiques (RRPP Malzac et Abinal, 1993).
5 Du royaume d’Andriantsira au début du XVIIe siècle chez les Antehiroka.
6 Verbe utilisé par l’auteur (S. Urfer).
7 La manière dont les colonisateurs ont traité l’histoire de Madagascar.
8 Les recherches sur les Vazimba continuent toujours au sein de l’ICMAA
9 Cf. Histoire de l’Océan Indien n°5, 2017, Université de La Réunion.
10 Le fer était déjà apparu à l’époque vazimba, mais il n’était pas destiné aux instruments de guerre
11 Pour faire face à Andafiatsimo ou Anatirova.
12 Ces Andafiavaratra devenus Tsimiamboholahy sont des descendants des Vazimba-Antehiroka qui parvenaient à reconquérir leur place perdue au XIXe siècle.
13 Ces deux enfants de Rainiharo, selon la tradition orale, ont hérité également le domaine d’Amboditsiry. Rambahy, le dernier enfant de Rainiharo n’est pas du tout relaté par la tradition orale.
14 Il ne faut pas oublier que ce sont les habitants du site qui ont donné le nom fasam-bazimba -tombeaux vazimba- aux anciens tombeaux abandonnés.
15 Le nord étant le coin du pouvoir et de réussite, le sud symbolise la soumission, l’est est réservé au sacré par rapport à l’ouest ou le coin du profane, du commun et de l’impur.
16 Du côté d’Andafiavaratra et d’Ambavahadimitafo.