Les enjeux de la dignité de la personne humaine dans le dialogue entre chrétiens et écologistes : rendre compte d’un malentendu
PDF (Français (France))

Keywords

Anthropologie chrétienne
création continuée
dignité
environnement
éthique
personne humaine
écologie intégrale
métaphysique
naturalisme
nature

Abstract

Entre l’écologisme laïc et une approche chrétienne de l’écologie, il y a un choc de visions du monde. Très grossièrement, deux positions peuvent être identifiées : d’une part, les écolo-sceptiques chrétiens et pro-vie (pour la plupart conservateurs) ; de l’autre, des écologistes antichrétiens et pro-avortement. Ma thèse est qu’au-delà de la critique éthique de Lynn White selon laquelle le christianisme est responsable de la crise écologique, la raison de ce choc en est à la fois théologique et métaphysique. Les chrétiens conservateurs déduisent leur compréhension de la dignité de la personne humaine de leur conception de la nature humaine. En raison du cadre naturaliste de l’écologie en tant que science, pour un écologiste, il n’y a pas de valeur éthique intrinsèque dans la nature, notamment parce qu’il n’existe pas de « nature » au sens de la métaphysique classique. Il existe un flux continu de vie dans lequel l’être humain est considéré comme un être biologique évolutif aux côtés de tous les autres. Cette approche biocentrique implique qu’aucun être n’a plus de valeur qu’un autre dans la biosphère. Existe-t-il une voie de réconciliation de ces approches que tout semble opposer ? Mon hypothèse est que le concept de création continuée, s’appuyant sur la métaphysique d’Alfred N. Whitehead, est capable d’être un médiateur pour un accord, ou au moins une « entente cordiale », sur l’existence des valeurs intrinsèques des êtres naturels, dont la dignité de la personne humaine, selon leur cohérence ontologique dans un processus temporel, relationnel et donc écologique.

PDF (Français (France))