Fondements métaphysiques de la dignité de la personne humaine : perspective thomiste
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Mots-clés

dignité
personne
substance individuelle
nature rationnelle
liberté
être religieux et moral

Résumé

Lorsqu’aujourd’hui on parle de « dignité de la personne humaine », le sens est plus vague ; la référence métaphysique manque et on a une vision très subjectiviste et relativiste de la signification morale de cette expression. Pour bien asseoir le concept métaphysique de la dignité de la personne humaine, il nous faut partir de la définition objective de la personne humaine comme « individu subsistant de nature rationnelle » (Saint Thomas d’Aquin) et montrer que : « la personne est un individu », précisément comme tout être « individuel » et, particulièrement, comme tout être végétal (tel arbre, telle plante, etc.), ou comme tout être animal (tel chat, tel chien, etc.). À la différence de l’animal cependant, la personne est un individu doté de raison, c’est-à-dire non pas seulement d’une âme sensible ou sensitive comme l’animal, mais d’une âme spirituelle. Or, avoir une âme spirituelle, cela veut dire être, à la différence de l’animal, ouvert à la connaissance du vrai, du bon et du beau. Cela veut dire aussi être ouvert à la connaissance de la Cause première de toute chose « que tout le monde appelle Dieu » (selon l’expression de Saint Thomas), Cause première à laquelle l’âme aspire à être « reliée ». Être relié à Dieu par le désir, c’est ce que l’on appelle un désir religieux. Avoir une âme spirituelle, c’est aussi, à la différence de l’animal, être doté de liberté et donc d’une maîtrise de soi et d’une responsabilité de ses actes. En ce sens, la personne est par conséquent un être moral doté de droits et de devoirs. La dignité de la personne se fonde ainsi sur sa nature rationnelle ou spirituelle qui fait d’elle un être religieux et moral doté de droits et de devoirs.

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